Alexandre Giarratano : un parcours unique au cœur du reining français et international
À Sospel, petite commune nichée dans les Alpes-Maritimes, une passion se vit intensément grâce à Alexandre Giarratano, cavalier français parmi les dix meilleurs dans la discipline du reining. Cette forme particulière d’équitation western, venue tout droit des États-Unis, demande une précision extrême et un lien profond entre le cavalier et son cheval. Alexandre incarne aujourd’hui l’exemple même d’une réussite née de la persévérance et d’une passion cultivée depuis sa plus tendre enfance.
Né à Menton et élevé dans le respect des traditions équestres, Alexandre a commencé à monter à cheval avant même de savoir marcher, sous l’influence directe de sa mère cavalière. Son initiation s’est d’abord tournée vers l’équitation classique et le saut d’obstacles, avant qu’une chute marquante, survenue vers ses dix ans, remette en cause son engagement dans cette voie. Mais c’est justement grâce à cette difficulté qu’il découvre le reining, discipline dans laquelle il trouvera sa véritable vocation. La rencontre avec un propriétaire de Quarter Horses, chevaux réputés pour leur calme et leur polyvalence, a été déterminante dans ce choix. Ce sont ces animaux qui façonnent aujourd’hui son quotidien et son ambition au plus haut niveau.
À partir de ses 13 ans, Alexandre se lance pleinement dans cette discipline encore peu répandue en France, avec comme objectif de porter haut les couleurs françaises sur la scène internationale. La reining, qui consiste en un enchaînement de figures précises comme les arrêts glissés et les spins, exige un travail minutieux et une complicité sans faille avec le cheval. Ce moment d’initiation a révélé son talent et sa motivation, menant à des participations remarquées dans les compétitions majeures, notamment aux États-Unis, lieu d’origine de l’équitation western.
En parallèle, Alexandre se forme au métier de maréchal-ferrant, métier traditionnel et artisanal qui l’aide à comprendre encore mieux la biologie équine, avant d’orienter sa carrière vers l’élevage de Quarter Horses. Cette double compétence technique et sportive constitue un atout majeur dans sa quête d’excellence, allant bien au-delà de la simple pratique de la compétition.
Son attachement à Sospel n’est pas anodin. Ce cadre montagnard, loin des grands centres équestres américains, est devenu son terrain d’ancrage, où il élève ses chevaux et développe son entreprise d’élevage. Cela lui permet d’allier vie personnelle et professionnelle dans un environnement qu’il chérit profondément, tout en poursuivant ses rêves internationaux qui l’ont mené jusqu’à Las Vegas et récemment au Bo Ranch près de Fontainebleau.
Le reining : comprendre une discipline équestre de haute précision
Le reining est une discipline équestre spectaculaire qui puise ses racines dans les gestes quotidiens des cow-boys américains. Initialement, ces derniers utilisaient leurs chevaux pour travailler le bétail, notamment pour rattraper et contrôler les bovins récalcitrants dans les vastes ranchs de l’Ouest américain. De cette utilité pratique est née une compétition exigeante où la technique, la précision et le contrôle sont primordiaux.
Un parcours typique de reining demande au cavalier d’exécuter un enchaînement de figures : spins, arrêts glissés, demi-tours précis et galops rapides mais contrôlés. Chaque mouvement est minutieusement noté selon des critères stricts par un jury, qui évalue à la fois la vitesse et la finesse d’exécution. Le binôme formé par le cavalier et son cheval doit donc fonctionner à l’unisson, comme un seul et même organisme.
Les chevaux utilisés sont principalement des Quarter Horses, race américaine réputée pour sa puissance, son agilité et son tempérament calme indispensable à ce type de travail. La formation du cheval à ces manœuvres demande plusieurs années de travail et un entraînement adapté. Alexandre Giarratano, en tant qu’éleveur, veille particulièrement à sélectionner des chevaux aux qualités mentales et physiques exceptionnelles pour promouvoir cette discipline.
L’arrivée du reining en Europe, et particulièrement en France, fut progressive. Alors que la discipline concentre aujourd’hui ses pratiquants outre-Atlantique et en Italie — ces derniers ayant adopté le sport à un niveau compétitif élevé — la France reste un territoire encore en développement pour le reining. La Fédération Française d’Équitation compte moins de 500 licenciés sur cette discipline, un chiffre modeste en comparaison des centaines de milliers de pratiquants dans d’autres spécialités équestres.
La motivation d’Alexandre est donc d’autant plus remarquable qu’il s’inscrit dans cette dynamique de développement en France, conscient des défis liés à la diffusion d’une pratique encore méconnue. Il illustre ainsi à son échelle la capacité des cavaliers français à rivaliser avec les puissances établies, tout en partageant les valeurs sportives et culturelles du reining à travers une pédagogie et un élevage de qualité. Pour les passionnés souhaitant en savoir plus sur cette équitation, la ressource explique en détail les origines et conseils autour du reining.
Les exploits sportifs d’Alexandre Giarratano dans les compétitions internationales de reining
Depuis ses débuts, Alexandre a su se hisser parmi l’élite du reining français et mondial. Sa persévérance l’a conduit à concourir dans des événements prestigieux qui réunissent les meilleurs cavaliers de la planète. En 2024, il a franchi une étape essentielle en terminant dans le top 10 des championnats du monde d’équitation western à Las Vegas, la Mecque du reining, démontrant ainsi l’efficacité de son travail et de sa méthode d’entraînement.
En 2026, il vient d’ajouter un exploit majeur à son palmarès en décrochant la médaille d’argent en individuel non professionnel lors des World Reining Continental Championships tenus au Bo Ranch, près de Fontainebleau. Cette compétition rassemble les forces vives du reining européen et constitue un jalon essentiel pour la reconnaissance des cavaliers français dans cette discipline.
Le succès d’Alexandre lors de cette épreuve fut d’autant plus remarquable que son cheval phare, The Electric Bandit, avait souffert d’une blessure quelques jours seulement avant la compétition. La motivation et la complicité du duo ont permis de surmonter cet obstacle, notamment lors du barrage final face à un solide concurrent allemand. La confiance mutuelle et la préparation rigoureuse ont joué un rôle déterminant, Alexandre insistant sur le mental exceptionnel de son étalon qui lui permet d’atteindre des performances hors normes même dans l’adversité.
Au-delà de ses distinctions individuelles, la France a aussi décroché une belle troisième place par équipe, renforçant sa position dans cette discipline où la compétition se joue souvent à des détails infimes. Ces résultats soulignent la montée en puissance d’une équipe française soudée, capable de rivaliser avec les références américaines et italiennes.
Au fil des années, Alexandre a ainsi accumulé une collection de trophées dans son écurie, symbole de ses efforts constants, mais aussi de sa volonté profonde de faire rayonner la reining dans l’hexagone. Ses performances en compétition ne sont pas les seules à rassurer sur l’avenir : il s’emploie à transmettre ses connaissances et sa passion à travers l’élevage, la formation et la préparation des nouvelles générations de chevaux.
L’élevage de Quarter Horses à Sospel : un engagement pour l’avenir de la discipline en France
La discipline du reining ne peut se développer sans un élevage adapté et de qualité. Alexandre Giarratano en a pleinement conscience, c’est pourquoi il a choisi de se consacrer aussi à cette mission essentielle. Outre son activité de maréchal-ferrant qu’il a exercée pendant plus de quinze ans, il a aujourd’hui fait de l’élevage de Quarter Horses le cœur de son entreprise située à Sospel.
Dans les Alpes-Maritimes, il est l’un des seuls, voire le seul, éleveur à se consacrer exclusivement à ces chevaux américains, très prisés pour le reining. Cette rareté est encore plus marquée dans sa région où les élevages sont peu nombreux et souvent petits. En comparaison, en Italie et aux États-Unis, certains ranchs comptent des dizaines, voire plusieurs centaines de poulinères, soulignant une véritable différence d’échelle et d’envergure.
À travers son élevage, Alexandre cherche à perpétuer la race et à améliorer les qualités des chevaux, tant sur le plan physique que mental. Son étalon vedette, The Electric Bandit, surnommé Martin, a commencé la reproduction. Ses premiers poulains, âgés de deux à trois ans, sont aujourd’hui en phase d’observation et de formation afin de valider leur potentiel compétitif. Pour lui, il s’agit d’un investissement à long terme, car la valeur d’un étalon se mesure aussi à travers la réussite de sa descendance.
Outre le cercle familial et professionnel, la passion de Giarratano repose sur une véritable philosophie où le cheval est un partenaire à part entière. Il n’est pas perçu comme un simple outil de compétition, mais comme un animal vivant avec ses qualités et ses faiblesses. Cette approche respectueuse témoigne d’une vision durable et humaine de la relation cavalier-cheval, essentielle pour la réussite dans des disciplines aussi exigeantes.
Il invite également les passionnés à découvrir des équipements adaptés tels que la selle western, qui favorise un meilleur équilibre du cavalier pendant les figures acrobatiques du reining. Des conseils sur le choix de ce type de selle permettent de garantir à la fois confort et performance, deux critères essentiels pour évoluer dans cette discipline.
Un attachement profond à sa région et au modèle français du reining
Malgré les tentations du « rêve américain » souvent évoqué dans le monde du reining, Alexandre Giarratano reste profondément attaché à ses racines, à sa famille et à la Côte d’Azur. Ce choix est un témoignage fort d’un équilibre entre ambitions internationales et vie locale, entre l’envie de compétitions de haut niveau et le respect d’un cadre de vie qu’il chérit.
En effet, même s’il reconnaît que certains territoires offrent davantage d’espace et des conditions naturelles plus favorables à l’élevage intensif, il privilégie un modèle où la qualité prime sur la quantité. Il préfère faire des allers-retours ponctuels aux États-Unis pour s’inspirer et se confronter à la compétition d’élite tout en revenant à Sospel pour développer son activité et transmettre son savoir.
La disponibilité de structures adaptées dans sa région, malgré leur relative rareté, contribue aussi à ancrer une dynamique locale autour de l’élevage et de la compétition. Son statut de seul éleveur de Quarter Horses dans les Alpes-Maritimes atteste de l’opportunité mais aussi du défi représenté par ce choix. La volonté d’Alexandre est, dans ce contexte, d’inscrire Sospel parmi les hauts lieux français du reining, contribuant ainsi à structurer la discipline dans l’hexagone.
Au-delà de l’aspect sportif, c’est aussi un modèle de vie où la famille joue un rôle central. Élevé dans ce souci d’équilibre, il s’entoure d’une communauté attentive à la qualité de vie des chevaux autant qu’à celle des cavaliers. L’approche intégrée d’Alexandre illustre parfaitement comment passion et profession peuvent cohabiter harmonieusement, offrant aux jeunes cavaliers une inspiration précieuse dans leur quête de performance et d’épanouissement personnel.